Pierre Caille

(1912-1996)

Pierre Caille

Cet artiste belge polyvalent possède une œuvre riche et variée en tant que céramiste, mais il fut également actif comme peintre, sculpteur et dessinateur. Ses sculptures en bois polychrome ont d’ailleurs acquis une renommée internationale. Il a joué un rôle pionnier dans le développement de la sculpture céramique en Belgique. En tant qu’enseignant également, il se montrait particulièrement créatif. Son univers est peuplé de figures étranges et d’insectes, parfois inquiétants, parfois comiques, fascinants par leur forme et leur contenu. Des structures oniriques, des sculptures de rêve, pleines de fantaisie, dotées d’une grande force expressive.

Il séjourna et travailla notamment avec Charles Leplae, Georges Grard et Paul Delvaux, et exposa à l’échelle internationale à Paris, Rotterdam, New York, au Congo belge, en Afrique du Sud, à Washington, Munich, Belgrade, etc.

En 1953, il conçut deux grandes figures en céramique sur socle pour le grand hall d’honneur du Kursaal, représentant des femmes exotiques aux bras croisés. Leurs vêtements sont composés de panneaux carrés en céramique ornés de motifs décoratifs variés dans différentes nuances de brun et de blanc. Les têtes sont stylisées et de couleur brune. Ces sculptures se distinguent par leur schématisation singulière et leur palette de couleurs ludique.

Il réalisa également pour le Kursaal plusieurs panneaux décoratifs dans lesquels il put appliquer pour la première fois à grande échelle sa technique d’incrustation qu’il avait lui-même développée (un procédé permettant d’intégrer une sorte de mosaïque incrustée dans l’architecture à l’aide de plaques en grès). Un bel exemple se trouve au-dessus de l’entrée ouest menant au hall d’honneur : une frise en céramique au fond couleur sienne, sur laquelle sont disposés des motifs pâles et répétitifs tels que des nuages, des vagues, des poissons, etc. On dirait qu’ils ont été imprimés à l’aide d’un gigantesque rouleau estampé.


En haut de l’escalier menant au hall d’honneur, on découvre un pare-vent en céramique. Sur un fond clair, divers motifs marins ont été représentés, mêlant mythologie et imagination de l’artiste.

Dans le sas d’entrée, six sculptures en céramique réalisées par des élèves de Pierre Caille (1911-1996) sont exposées. Bien qu’elles soient toutes exécutées dans la même teinte et selon la même technique céramique, chaque œuvre témoigne de la main unique d’un artiste distinct.

Comme en de nombreux endroits du Kursaal, ces sculptures évoquent également le thème maritime de la mer.

Récemment, certaines sculptures ont fait l’objet d’une restauration minutieuse. Outre de légères retouches — telles que la correction de décolorations, de petits compléments et des repeints — le petit cheval a retrouvé ses jambes, et la Sirène peut à nouveau jouer de la harpe et séduire les hommes, comme cela avait été initialement prévu.

Le coin du feu est à nouveau accessible au public après vingt ans.

Ce joyau caché, entièrement recouvert d’une mosaïque de carreaux, est un chef-d’œuvre du sol au plafond. Entre les carreaux apparaissent de petites figures ludiques, chacune de la taille d’une carte à jouer, intégrées d’après un dessin de l’artiste belge Pierre Caille.

À première vue, les carreaux noirs semblent uniformes, mais en y regardant de plus près, on découvre une subtile variation de couleurs et de brillance — ils sont moins noirs qu’on pourrait le penser.

Récemment, le coin du feu a été soigneusement restauré, avec le remplacement d’une centaine de carreaux, principalement au sol.

Près de la cheminée, il n’y a pas de meilleur endroit pour rêver face à un coucher de soleil enchanteur.