L'art sur scène et en coulisses

Que le Kursaal d’Ostende soit un joyau architectural iconique ne fait aucun doute. Mais savais‑tu que Léon Stynen, son concepteur, évoluait également dans les milieux artistiques ? Mieux encore : de 1950 à 1964, il fut directeur de La Cambre. Il n’est donc pas surprenant que le nouveau Kursaal ait attiré les artistes comme un aimant dans les années 50. Aujourd’hui encore, on peut admirer plus de douze œuvres authentiques à travers le bâtiment.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, vivre la culture était presque impossible. Le pillage d’œuvres d’art était même monnaie courante. Il n’est donc pas étonnant que l’art ait plus que jamais prospéré dans les années 50. Différents styles ont connu une accélération fulgurante, souvent porteurs d’une forte symbolique. Plusieurs artistes belges ont alors acquis une renommée internationale. Parmi eux : Paul Delvaux et sept de ses contemporains, qui ont laissé leur empreinte au Kursaal d’Ostende. De la céramique aux fresques. De la sculpture aux tapisseries. Tout est à découvrir. Dans ce blog, nous examinons de plus près quelques‑unes de ces œuvres majeures.

Trésors artistiques dans le hall d’honneur
Dans le seul hall d’honneur, on retrouve des œuvres de Pierre Caille, Edgard Tytgat et Julien Van Vlasselaer. Sur un mur en céramique apparaissent des figures féminines exotiques, ornées de délicieuses mosaïques. Cette création à la fois ludique et stylisée est signée Pierre Caille, pionnier de la céramique et de la sculpture. Deux autres bijoux de sa main : la frise décorative couleur sienne, avec un motif récurrent de nuages, de vagues et de poissons, l’écran coupe‑vent en céramique aux motifs marins, situé en haut de l’escalier menant au hall d’honneur

Si tu aimes la mythologie grecque, ne manque surtout pas l’œuvre de l’expressionniste flamand Edgard Tytgat, représentant l’embarquement d’Iphigénie — l’une de ses dernières grandes réalisations.

Une tapisserie est indissociable du carton préparatoire qui la précède. C’est là que s’expriment les couleurs, le caractère et la composition. Le carton monumental de quarante mètres carrés réalisé par Julien Van Vlasselaer possède donc une valeur artistique exceptionnelle. Il symbolise les deux visages de la mer : tantôt déchaînée, tantôt calme et idyllique.

Une symbiose éclatante avec l’architecture
Dans et autour du Kursaal, d’autres œuvres méritent le détour. Le sculpteur Olivier Strebelle a réalisé Triton et Sirène, deux créations originales en céramique d’environ deux mètres de haut.

Les parois du balcon de la salle révèlent quant à elles des œuvres de Marc Mendelson. Elles évoquent de grands paravents de plage simulant le mouvement des vagues. Une interaction particulièrement remarquable avec l’architecture.

Et s’il y a bien une œuvre impossible à manquer, c’est la sculpture monumentale en bronze d’Oscar Jespers, placée au‑dessus du auvent à l’entrée du Kursaal. Le sculpteur flamand, célébré de Maastricht à Boston, y représente avec une élégance rare les quatre éléments fondamentaux : l’eau, le feu, la terre et l’air.

Le savais‑tu ?
Dikke Mathille, qui ne la connaît pas ? Cette sculpture gigantesque — une femme nue allongée — est signée Georges Grard. Elle symbolise la générosité et la sensualité de la mer.

Grard est resté fidèle à un thème unique : le nu féminin. Cette fois, son œuvre a suscité la controverse. Ainsi, La Mer fut retirée de son emplacement d’origine à l’extérieur du Kursaal (côté Oosthelling). Depuis 1963, elle accueille les visiteurs à l’entrée d’Ostende via l’avenue Léopold II. Qui sait… peut‑être Dikke Mathille reviendra‑t‑elle un jour « à la maison ».

Un hommage au grand maître
La fresque impressionnante de Paul Delvaux est sans aucun doute l’attraction majeure du Kursaal. Elle semble peinte directement sur les murs en chaux, mais ne t’y trompe pas : elle est composée de multiples couches de chaux et de pigments. Les recherches scientifiques et les restaurations ont révélé les coups de pinceau les plus fins et les pigments les plus subtils. La restauration — achevée plus tôt cette année — a donné un résultat spectaculaire. Cette œuvre magistrale de 26 mètres sur 5 brille à nouveau de tout son éclat. Elle est visible dans la salle Delvaux qui porte son nom.